Dans cette page

  1. C'est quoi un courtier de données?
  2. Tes droits au Québec (Loi 25 + LPRPDE)
  3. 5 courtiers présents au Québec avec liens d'opt-out
  4. Démarche manuelle étape par étape
  5. Services automatisés : coût vs temps économisé
  6. Supprimer tes infos des résultats Google
  7. Résultats réalistes
  8. Questions fréquentes

C'est quoi un courtier de données?

Un courtier de données (ou courtier d'information) est une entreprise dont le modèle d'affaires consiste à collecter et revendre des renseignements personnels. Il agrège des registres publics (actes de propriété, permis de conduire, déclarations de faillite), des publications sur les réseaux sociaux, des historiques d'achats et des bases de données commerciales.

Le résultat : une fiche qui peut inclure ton adresse actuelle et tes adresses passées, ton numéro de téléphone, tes proches et voisins, tes antécédents criminels, ton niveau de revenu estimé, et parfois tes photos. Ces informations sont visibles par n'importe qui disposant d'une adresse courriel.

⚠️ Pourquoi c'est un problème concret Ces fiches facilitent le hameçonnage ciblé, la fraude à l'identité et, dans les cas graves, le harcèlement ou le pistage physique. La simple présence de ton adresse sur Radaris suffit pour qu'un inconnu débarque à ta porte.

Tes droits au Québec (Loi 25 + LPRPDE)

La Loi 25 (Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels) accorde, à l'article 28, le droit à la désindexation et à l'effacement des renseignements personnels collectés sans fondement légitime ou devenus inexacts. Ce droit s'applique aux entreprises faisant affaire au Québec.

La LPRPDE fédérale (Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques) prévoit un droit d'accès et de correction similaire pour les organisations sous réglementation fédérale. En pratique, les courtiers basés aux États-Unis ne sont pas directement soumis à ces lois — mais ils offrent généralement un formulaire d'opt-out accessible aux résidents canadiens, notamment en raison des exigences du CCPA californien.

Si une entreprise refuse ta demande sans motif valable, tu peux déposer une plainte auprès de la Commission d'accès à l'information (CAI) au cai.gouv.qc.ca. Pour les entreprises fédérales, le Commissariat à la protection de la vie privée (priv.gc.ca) traite les plaintes.

5 courtiers présents au Québec avec liens d'opt-out

Courtier Type de données Lien d'opt-out direct Délai typique
Spokeo Adresse, téléphone, famille, emploi spokeo.com/optout 7–10 jours
Whitepages Adresse actuelle et passées, téléphone whitepages.com/suppression-requests 24–48 heures
Radaris Adresse, antécédents, réseaux sociaux radaris.com/control/privacy 30–45 jours
BeenVerified Casier judiciaire, propriété, véhicules beenverified.com/app/optout/search 30 jours
Pipl Profil numérique agrégé, e-mails pipl.com/personal-information-removal-request 30–60 jours
💡 Astuce : commence par le plus facile Whitepages et Spokeo traitent les demandes le plus rapidement. Commence par eux pendant que tu attends la réponse de Radaris et BeenVerified.

Démarche manuelle étape par étape

La procédure est répétitive mais gratuite. Voici le processus standard :

  1. Recherche ton nom sur chaque site (ajoute ta ville pour affiner).
  2. Identifie ta fiche — note l'URL exacte, tu en auras besoin.
  3. Accède au formulaire d'opt-out via les liens ci-dessus.
  4. Vérifie ton adresse courriel si le site t'envoie un lien de confirmation — utilise une adresse que tu contrôles mais distincte de ton adresse principale.
  5. Conserve une copie de la confirmation (numéro de référence, capture d'écran).
  6. Revérifie dans 45 jours — certaines fiches réapparaissent après une mise à jour des bases de données.

Il existe plus de 200 courtiers de données actifs en Amérique du Nord. Faire la démarche manuellement pour chacun représente facilement 20 à 30 heures de travail la première fois, puis 5 à 10 heures par an pour le suivi.

Services automatisés : coût vs temps économisé

Si le temps est plus précieux que l'argent, ces services font les demandes d'opt-out à ta place et effectuent des vérifications périodiques.

DeleteMe

Le service le plus connu. Couvre plus de 750 courtiers et envoie des rapports de suppression détaillés toutes les quelques semaines.

~129 USD/an (~180 CAD) pour 1 personne

Basé aux États-Unis. Bon pour les résidents canadiens, mais l'interface et les rapports sont en anglais.

Kanary

Service canadien (Toronto) qui couvre les principaux courtiers nord-américains et gère les demandes en continu. Option de support en français disponible.

~99 CAD/an pour un plan de base

Meilleure option si tu veux un fournisseur soumis aux lois canadiennes sur la protection des données.

Incogni (par Surfshark)

Abonnement mensuel ou annuel. Couvre environ 180 courtiers et envoie des notifications de progression. Interface disponible en français.

~7,49 USD/mois (plan annuel, ~130 CAD/an)

Bon rapport qualité-prix si tu as déjà un abonnement Surfshark VPN.

💡 Approche hybride recommandée Fais toi-même la démarche pour les 5 courtiers principaux listés ci-dessus (gratuit, 2–3 heures). Si tu veux une couverture plus large sans effort continu, Kanary ou Incogni valent l'investissement annuel.

Supprimer tes infos des résultats Google

Google propose un outil pour demander la suppression d'informations personnelles dans ses résultats de recherche — adresse personnelle, numéro de téléphone, adresse courriel, ou images non consenties.

Va dans Paramètres Google → Résultats te concernant (ou directement sur myaccount.google.com/data-and-privacy). L'outil « Résultats vous concernant » te permet de soumettre des URLs spécifiques pour examen. Google évalue chaque demande manuellement — le délai est généralement de 1 à 4 semaines.

Note importante : supprimer une URL des résultats Google n'efface pas la page source. La fiche reste accessible en accès direct sur le site du courtier. Les deux démarches (opt-out chez le courtier + suppression Google) sont complémentaires.

Résultats réalistes

⚠️ Ce que tu peux et ne peux pas contrôler La suppression complète est illusoire. Les courtiers réagrègent en permanence des données issues de registres publics (actes notariés, rôle d'évaluation municipal, registre des entreprises). Si ton adresse est dans le rôle d'évaluation foncière de ta municipalité, elle peut réapparaître sur Radaris dans les 6 mois suivant ta suppression.

Voici ce que tu peux réalistically accomplir :

Pour les informations dans des registres publics québécois — comme le registre des entreprises ou le rôle d'évaluation municipal — tu ne peux pas demander la suppression. Ces registres sont maintenus par des organismes publics et ne sont pas soumis aux mêmes règles que les courtiers privés. Ce que tu peux faire : limiter ce que tu y déposes volontairement à l'avenir.

Si tu gères une entreprise, consulte notre guide sur les obligations Loi 25 pour les PME — certaines informations que tu collectes sur tes clients peuvent également se retrouver dans des bases de données commerciales.

Questions fréquentes

Ai-je le droit de faire effacer mes données chez un courtier d'information au Québec?

Oui. La Loi 25 (art. 28) te donne le droit de demander l'effacement de tes renseignements personnels lorsqu'ils sont inexacts, incomplets ou collectés sans justification. La LPRPDE fédérale prévoit un droit similaire. Les courtiers basés aux États-Unis ne sont pas directement soumis à ces lois, mais la plupart offrent un formulaire d'opt-out pour les résidents canadiens.

La suppression est-elle permanente?

Non. Les courtiers réagrègent régulièrement des données publiques. Une suppression acceptée peut être annulée 3 à 6 mois plus tard si de nouvelles données apparaissent dans leurs sources. C'est pourquoi les services automatisés comme DeleteMe ou Incogni font des vérifications périodiques.

Combien de temps prend une demande de suppression?

Typiquement 30 à 45 jours pour la majorité des plateformes. Certains courtiers (Radaris, Pipl) peuvent prendre jusqu'à 60 jours. La Loi 25 impose un délai de réponse de 30 jours pour les entreprises québécoises.