Le problème en 30 secondes

Des fragments de plantes aquatiques, des larves de moules et des micro-organismes s'accrochent à la coque, au moteur, à la remorque et à l'ancre de votre bateau. Si vous transportez votre bateau d'un lac à l'autre sans le laver, vous devenez le taxi de ces envahisseurs.

Une fois installées, ces espèces sont pratiquement impossibles à éliminer. Le lac est contaminé pour de bon.

Les principales espèces envahissantes au Québec

Myriophylle à épis

La plante aquatique envahissante la plus répandue au Québec. Elle forme des tapis denses qui étouffent les plantes indigènes, bloquent les hélices de moteur et rendent la baignade désagréable.

Le myriophylle se propage par fragments. Un morceau de 2 cm accroché à votre hélice peut coloniser un lac entier. Il survit hors de l'eau pendant plusieurs jours s'il reste humide.

Moule zébrée

Originaire de la mer Caspienne, arrivée dans les Grands Lacs dans les années 1980 via les eaux de ballast des navires. Présente dans le Saint-Laurent et plusieurs lacs du sud du Québec.

Les moules zébrées colonisent les coques, les prises d'eau des moteurs et les quais. Elles filtrent le phytoplancton et déséquilibrent tout l'écosystème. Leurs coquilles tranchantes rendent les plages inutilisables pieds nus.

Gobie à taches noires

Un petit poisson agressif qui mange les œufs et les larves des espèces indigènes. Présent dans le Saint-Laurent et le lac Champlain. Il se déplace par les eaux de cale et les seaux d'appât vivant.

Cladocère épineux

Un petit crustacé microscopique qui s'accumule sur les lignes de pêche et les câbles d'ancre. Déjà présent dans plusieurs lacs des Laurentides et de l'Outaouais.

⚠️ C'est illégal de transporter des espèces envahissantes Le Règlement sur les espèces aquatiques envahissantes (fédéral) et la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (Québec) interdisent le transport d'organismes aquatiques envahissants. Amende : jusqu'à 100 000 $ en théorie, 500 $ à 2 000 $ en pratique pour les plaisanciers.

La règle des 3 gestes : nettoyer, drainer, sécher

Avant de quitter un plan d'eau, chaque fois :

  1. Nettoyer — Inspectez et retirez toute plante, boue ou organisme visible de la coque, du moteur, de la remorque, de l'ancre et des lignes de pêche.
  2. Drainer — Videz toute l'eau : cale, vivier à appâts, puits de moteur, glacière, seau. Un litre d'eau de cale peut contenir des milliers de larves.
  3. Sécher — Laissez le bateau et l'équipement sécher complètement au soleil avant de le mettre à l'eau ailleurs. Le myriophylle meurt en 5 à 7 jours à l'air sec. Les moules zébrées en 3 à 5 jours par temps chaud.

Si vous ne pouvez pas attendre 5 jours entre deux lacs, un lavage à haute pression à l'eau chaude (50°C+) tue la plupart des organismes.

Stations de lavage au Québec

Le réseau de stations de lavage s'étend chaque année. La plupart sont gratuites ou coûtent entre 5 $ et 15 $. Certaines sont en libre-service, d'autres avec un préposé.

Régions avec des stations établies

RégionEmplacementsNotes
LaurentidesSainte-Agathe-des-Monts, Lac-Supérieur, Mont-Tremblant, Sainte-AdèlePlusieurs lacs exigent un certificat de lavage
EstrieMagog (lac Memphrémagog), Lac-Brome, SherbrookeLe lac Memphrémagog a une politique stricte
LanaudièreSaint-Michel-des-Saints, Saint-DonatStations aux entrées des ZEC
OutaouaisGatineau, Lac-Sainte-Marie, GracefieldRéseau en expansion
MauricieShawinigan, La TuqueStations à certaines ZEC

Pour trouver la station la plus proche de votre destination, consultez le Répertoire des stations de lavage du MELCCFP ou appelez la municipalité de votre lac de destination.

Lacs avec lavage obligatoire

De plus en plus de municipalités adoptent des règlements obligeant le lavage avant la mise à l'eau. Quelques exemples :

📋 Vérifiez avant de partir La liste des lacs avec lavage obligatoire change chaque année à mesure que des municipalités adoptent de nouveaux règlements. Appelez la municipalité ou vérifiez leur site web avant de traîner votre bateau sur 3 heures de route.

Comment bien laver votre bateau

  1. Retirez les végétaux visibles à la main — coque, moteur, remorque, bunks, rouleaux
  2. Rincez à haute pression — concentrez-vous sur le moteur (prise d'eau, hélice, cavité), la ligne de flottaison et les roues de remorque
  3. Videz et rincez la cale — ouvrez le bouchon de drain avant le lavage
  4. Rincez l'ancre et la chaîne — le myriophylle s'accroche entre les maillons
  5. Nettoyez votre équipement de pêche — lignes, appâts artificiels, filets d'épuisette, bottes-pantalon (waders)
  6. Videz le vivier à appâts — ne relâchez jamais des appâts vivants dans un lac différent de celui où vous les avez achetés

Et les kayaks / canots / SUP?

Les embarcations non motorisées ne sont pas exemptées. Un kayak de mer peut transporter du myriophylle dans ses compartiments, et les cladocères s'accrochent aux cordes et aux sangles.

Le lavage est plus simple : un bon rinçage au tuyau d'arrosage et un séchage au soleil suffisent dans la plupart des cas. Mais faites-le quand même.

Ce que les agents vérifient

Lors des inspections aux rampes de mise à l'eau, les agents de la faune et les préposés municipaux regardent :

Refus de lavage = refus de mise à l'eau. C'est aussi simple que ça.

📋 Voir aussi Pêche en bateau au Québec — les ZEC et pourvoiries ont leurs propres règles sur les espèces envahissantes.
Équipement de sécurité obligatoire — ce que vous devez avoir à bord.
Hivernage — un bon hivernage aide aussi à tuer les organismes résiduels.